Acte 2

Lundi 24 Mars 2025 ·

Une grosse journée nous attend aujourd’hui : nous nous rendons sur l’île de Cat Ba pour une croisière d’un jour et d’une nuit.

Le réveil sonne à 6h30 et nous nous levons un peu plus tard afin d’etre à l’heure pour la navette qui vient nous chercher devant l’hôtel. A 7h30, comme prévu, nous avons fait le check-out et attendons sur le trottoir.

Tony est moyennement amusé de n’avoir pas pu profiter du déjeuner inclus

La ville est déjà très vivante et active à cette heure et le soleil est déjà levé depuis plus d’une heure. Très vite nous nous rendons compte qu’Hanoï est polluée, vraiment polluée. Il y a une espèce de brume omniprésente qui rapproche l’horizon et qui donne une couleur étrange au soleil. On imagine au dessus un grand ciel bleu mais impossible d’en voir la couleur.

La navette nous récupère 5 minutes après et nous emmène à l’agence, là où des bus attendent pour emmener les voyageurs dans tout le Vietnam. Nous montons dans le premier bus et une fois que celui-ci est complet, nous partons : direction l’île de Cat Ba.

Lorsque nous nous éloignons du centre-ville et que les grattes-ciels disparaissent, nous constatons que la brume ne nous a pas quitté et qu’elle bloque l’horizon à à peine quelques kilomètres. Bien que la plupart des gens ici portent des masques, c’est terrifiant de se dire que beaucoup respirent cet air toute leur vie.

Après une petite pause pipi-café, nous repartons en direction de Bến phà Gót, où nous prendrons un speed boat pour traverser l’embouchure du fleuve. Les deniers kilomètres sont déprimants : nous arrivons dans une zone portuaire sinistre, toujours dans la brume (est-ce réellement de la pollution ou de la brume de mer ?) et l’on voit des dizaines de cargos dans le fleuve. Des hangars et des grues sont visibles dans toutes les directions et on ne voit aucun arbre à l’horizon. Au dessus de nous flottent des cabine suspendues au câble d’un téléphérique à plus de 200m de haut, c’est très impressionnant.

Le téléphérique qui relie Cat Haï à Cat Ba

Une fois arrivés au port, nous montons immédiatement dans le speed boat. Il y a environ soixante sièges répartis en une dizaine de rangées étroites de deux fois trois sièges. Tony doit s’asseoir en travers de son siège par manque de place.

Le speed board sera bientôt plein à craquer

La traversée est très courte et en environ 3 minutes nous atteignons l’île de Cat Ba. Cette île est bien plus sauvage et préservée que Cat Haï que nous quittons. Nous entrons dans un nouveau bus qui part direction Bến Bèo, là où nous embarquerons enfin sur le bateau de notre croisière.

La route sinueuse qui nous emmène à Bến Bèo nous fait traverser de beaux paysages sauvages et préservés. L’île comporte beaucoup de rochers affûtés sur lesquels il doit être impossible de tracer un chemin. La végétation quant à elle s’épanouit et toute cette roche est couverte d’arbres et d’herbes en tout genre.

La vitre du bus n’a pas été nettoyée depuis longtemps

Nous traversons aussi quelques villes ; parmi elle, il y en a une qui nous interpelle. Il s’agit de la ville de Cat Ba (donnant son nom à l’île) où un immense complexe est en construction. C’est simple, là où se trouvait jadis une baie se tient désormais une gigantesque plaine de béton sur laquelle circulent camions et grues et où poussent comme de la mauvaise herbe des immeubles, maisons et centres commerciaux. C’est déprimant de voir ça.

Voilà ce qu’on a fait de la baie

Le bus poursuit sa route et nous emmène, quinze minutes plus tard, à Bến Bèo. Terminus : tout le monde descend.

Bến Bèo

Nous sommes vites pris en charge par quelqu’un de l’agence qui nous dirige vers le quai pour embarquer. Nous attendons quelque dizaines de minutes avant d’embarquer : en effet il semble que l’un des passagers de la croisière ne soit pas présent et qu’il est en train d’être acheminé vers le port. Après une trentaine de minutes d’attente, nous embarquons dans le speed boat qui nous emmènera jusqu’au bateau.

Notre jonque, vue du speed boat

Cette fois ci, nous ne sommes pas entassés les uns sur les uns autres mais nous sommes seulement treize plus l’animateur et le pilote. Le groupe, 100% francais, est composé d’une famille (les parents et leurs deux filles adultes), d’un père (la soixantaine) et son fils (petite quarantaine), de deux couples de retraités, d’un retraité seul ainsi que de Tony et moi.

Le topo est fait sur le speed boat par l’animateur, très souriant et énergique, qui nous donne les numéros de chambre (la 102, « one o two ») et nous explique que les clés sont sur les portes de nos chambres respectives et que nous devons rapidement déposer nous affaires et monter au premier, le restaurant, pour partager le repas de midi.

Une fois amarrés à la jonque dans laquelle nous ferons la croisière, nous montons sur celle ci et entrons dans la chambre, située au rez de chaussée à gauche. La chambre, avec ses deux lits séparés, est vraiment très confort et coquette. Il s’agit de la chambre la plus agréable que nous ayons eu depuis notre arrivée au Vietnam. A côté du lit du fond, il y a une grande fenêtre permettant d’inonder la pièce de lumière. La salle de bain attenante est petite mais très bien pensée. Nous avons toutes les commodités : eau froide, chaude, électricité..

La chambre, Tony en guise d’échelle
Le lavabo, Thomas en guise d’échelle

Nous arrivons les premiers au restaurant pour le déjeuner : là nous attend une tasse de jus de pomme chacun, des crackers de riz salés ains que des bonbons. Nous prenons le jus et les crackers et montons à l’étage supérieur en attendant que tout le monde arrive. Sur le pont, il y a une terrasse semi-couverte avec du mobilier en bois, chaises, tables, transats. Cet extérieur est vraiment charmant!

Le pont

Nous redescendons rapidement au restaurant où tout le monde commence à arriver. Le plan de table est donné : nous serons sur la table de huit personnes, entre la famille de quatre et le père et son fils. Nous sommes positionnés stratégiquement : ceux qui mangent des fruits de mer et du poisson ensemble (j’en fais partie), et ceux qui ne mangent pas de fruits de mer ou feignent d’y être allergique ensemble (Tony en fait partie).

Le restaurant

La table est dressée rapidement : un saladier de riz pour quatre et autour, différentes viandes, poissons, légumes et fruits de mers dans des petits bols. Chacun se sert comme il le souhaite et compose son bol comme il l’entend. Tout est délicieux, et c’est la première fois que je décortique et mange des crevettes comme ça (la technique n’est pas encore au point). Le poisson est incroyable.

On avait déjà bien attaqué le buffet quand cette photo a été prise

Pendant tout le temps du repas, le bateau longe l’île de Cat Ba et prend la destination de notre première activité : la sortie kayak. L’eau est très calme et il n’y a aucun remous, on ne devrait pas avoir de mal de mer : tous les voyants sont au vert.

Après le déjeuner, nous nous posons sur la terrasse au soleil afin de profiter des paysages magnifiques. L’île de Cat Ba est la plus grande île, mais tout autour se gravitent des petites îles rocheuses et saillantes couvertes de végétations. Ici, les deux ou trois mètres de roche au dessus du niveau de la mer ont été lentement érodés par les marées. L’eau a créé comme des petites cavités faisant tout le tour de chaque île.
Autrement, l’eau et calme et les paysages magnifiques.

Un peu avant 14h nous arrivons dans la baie où nous ferons du kayak. Notre jonque s’arrête au milieu de la baie, là où se trouvent déjà 4 ou 5 autres grands bateaux touristiques et un yacht. Il y a déjà des kayakistes dans la baie qui reviennent de leur excursion ainsi que des barques contenant une dizaine de touristes et menées par des Viet, debout avec des grandes rames.

Un yacht, normal

Nous descendons dans le speed boat, qui est toujours accroché à la jonque depuis le début de notre croisière ; celui-ci nous emmène sur le village flottant non loin de la. Là bas, nous embarquons sur les kayaks : Tony sera à l’avant et moi à l’arrière (pas très malin vu que Tony fait quasiment 20 cm et 20 kg de plus que moi).

Nous partons pour 50 minutes de kayak dans ce décor incroyable. Au début, la coordination est fragile et nous n’allons pas droit du tout ; à la fin, c’est exactement pareil.
Nous longeons les rochers mais interdiction d’aller dans les cavités creusées par la mer, j’imagine que le risque et de se cogner la tête en cas de remous trop important.

La sortie s’achève par la traversée de Hang Tối (Bright Cave, la caverne lumineuse), une cavité de plusieurs mètres de large et plusieurs dizaines de mètres de long avec un courant suffisamment fort pour nous faire traverser sans donner le moindre coup de pagaie.

Une fois de l’autre côté, notre guide nous explique qu’il faut faire demi tour et traverser la cavité à contre courant et que nous devons rester sur les côtés, là où il y a moins de courant. Le début se passe bien (nous choisissons le côté droit), mais très vite ça part en vrille et on se retrouve en plein milieu de la cavité, la où le courant est le plus fort, en train de ralentir dangereusement. Nous ne sortirons pas de cette périlleuse situation grâce à notre intelligence (« tiens on retournerait pas sur la droite ? ») mais bien à la force de nos bras, façonnés par le dur labeur que nous effectuons chaque jour (mes épaules brûlent encore de cette folie).

Bright Cave. Photo Google

Une fois que tous les binômes ont terminé de traverser, non sans difficulté, cette cavité, nous retournons tranquillement au village flottant. Nous retournons ensuite à la jonque grâce au speed boat, non sans avoir laissé notre kayak à un binôme qui attendait son tour permis la cinquantaine de touristes présents maintenant.

La jonque nous emmène ensuite a l’endroit où nous pourrons nous baigner. En chemin, nous admirons Chopstick Island (l’Ile baguette), une île ou plutôt un rocher d’une trentaine de mètres de haut sur trois ou quatre mètres de diamètre.

L’île baguette (Chinoise)
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Vers 15h40 nous arrivons à Ba Trai Dao, une petite île avec une plage où nous devons nous baigner. Il y a déjà beaucoup de bateaux aujourd’hui et la plage étant très petite, nous restons au large pour nager depuis le bateau. L’eau est fraîche mais une fois dans l’eau, c’est agréable et nous faisons même un plongeon depuis le pont du bateau, à cinq ou six mètres de haut.
Après une vingtaine de minutes, nous retournons au bateau. Le temps suivant est réservé pour prendre la douche et profiter du coucher de soleil alors que la jonque s’arrête pour la nuit.

Depuis le pont

A 18h15, la dernière activité commence : un cours de cuisine. Nous apprenons à préparer un repas typique Vietnamien dont j’ai oublié le nom. Pour se faire, on prend une feuille de riz rectangulaire et souple, on y ajoute à l’extrémité une feuille de salade, des nouilles de riz puis ce que l’on veut au choix parmi des carottes, du concombre, de l’ananas, de la mangue, des poivrons verts et rouges, de l’omelette et du giò (le tout coupé en fines lamelles). Une fois tous les ingrédients ajoutés, on roule en gros cylindre bien serré et on mange après l’avoir trempé dans une sauce sucrée avec de l’ail et du citron. C’est délicieux et nous en mangeons chacun trois ou quatre en guise d’apéro.

Les ingrédients

Nous enchaînons ensuite directement sur le repas, du même acabit que le midi mais avec cette fois des huîtres cuites avec des petits légumes en guise de fruit de mer, un magret de canard légèrement doré et cuit à basse température (un délice), des pilons de poulet, du porc et des légumes. Pour la première fois de ma vie, je goute des huîtres et elles sont très bonnes. Je ne suis pas trop joueur quand même, je n’en prends que deux ou trois et je laisse le reste à mon voisin, ravi.

Encore un régal

Ce soir, nous nous couchons tôt et le ventre bien rempli pour notre meilleure nuit depuis longtemps.

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